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virée à la mode d’avignon, les expos en moins...

vendredi 1er août 2014, par Anna Jouy

1 août 14
Feux de joie et discours, hier on a fêté avec un soir d’avance, la Fête nat’.

Ambiance solitaire qui commence avec l’aube, où l’humanité se résume à un angle du ciel qu’on imagine simplement assez profond pour recouvrir la tête de bien d’autres humains, de bien d’autres Autres. La Suisse est un si petit pays. Terre d’asile qu’on disait...Quand ça ?
On regarde, on se rassure vite. Tout est en ordre partout. Rien ne s’est passé ni produit durant cette absence au pays de la soif. On a bu à outrance mais l’image reste nette. Propre en ordre. Ah ! Qu’on est bien chez soi...
Pourtant, ailleurs le feu de la guerre, de la rage, de la vengeance...

Alors s’en aller ce matin de cette ville, éteinte à cette heure, une ville sans vibration. « Fériance »

La solitude, c’est l’ordre de se pousser le cul, d’aller vers... Transposer son inquiétude jusqu’en des endroits qu’on pense aptes à vous insérer dans le monde. S’ouvrir.
Mais ailleurs est-ce plus intéressant, moins anxiogène, plus gratifiant ? Vous sentirez-vous être plus humain après qu’avant le déplacement ?

Vous allez simplement décaler votre image ou votre statue d’un pouce. Mais tout le monde fera de même. Ce ne seront que des mouvements de mime qui vous singent et vous suivront en miroir.


Rouler à l’envers de la course, sens trafic nostalgie. Abus de passé qui saoule et vous rend comme déséquilibré, instable plutôt. Rouler ainsi et laisser fondre le paysage que vous quittez comme une glace vanille ou chocolat, avec cette surprise illisible du futur qui vous vient depuis le dos. Je me laisse bercer, j’observe à peine.


Parcours lac, descendre beaucoup. La ville est une longue averse et le Léman une écuelle.
Traîne le long du quai de Belgique. Une statue… la Belgique reconnaissante..etc. Je me marre en songeant à la Belg... à la reconnaissance en fait. Je longe des zones fréquentées par des humains qui courent, qui se maintiennent, disent-ils. Assurément...
Recherche de petits coins publics mais rien et les pas s’inquiètent : vais-je tenir ou lâcher (sacrée métaphore) ?


Transport, la remontée en deçà, vers les hauteurs de la ville. Rapide élégance du métro, les gens y sont en mode astronaute. Personne ou presque dans les environs de la cathédrale. Flânerie, pavés qui torsent les hanches. On butine du cul et des talons.


Terrasse place St François, morne espace touristique.
Mange pour 10 euros une salade dans un bol en plastique, feuilles mortes avant l’âge et il n’y a rien à savourer.
Je vais me faire rembourser. Ca marche et me sens courageuse.


J’occupe une des rares places à l’ombre. Il y a 4 chaises vides autour de moi : on me regarde d’un sale oeil.
Le Café St François, ça s’appelle ! Dieu m’est témoin : ça charge ma sourde colère...

Retour train régional tout tranquille et vide. Il va son bonhomme et je vois le pays revenir.

À la gare de ma ville, un nombre impressionnant de clochards ou autres marginaux. Ils sont encore là. Pas bougé depuis ce matin...

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