Journal poétique / www.jouyanna.ch

..ce n’est pas moins que ça. Un stress, un état...

ce qui nous pousse...

dimanche 3 août 2014, par Anna Jouy

..ce n’est pas moins que ça. Un stress, un état malade. L’intérieur en somme qui fait de l’auto- allumage. Une forme de brûlure sous le derme, de celles qui se propagent après le feu et rongent encore et détruisent.
C’est ça, pas de doute ou alors trop de doutes… Comme ça, se sentir à quelques encablures de l’engloutissement. Disparaître. Ce serait donc le fin mot de l’histoire ? Ce qui s’inscrit en fin de film ou plutôt s’inscrivait. Maintenant on ne voit plus ça. On laisse la bande se dérouler et on reste dans le noir encore.
Mais oui, c’est ce stress, cet état second dans lequel il faut attendre et où l’on se sent à la frise de l’implosion et de l’explosion, mais ça traine, ça tarde, c’est remis.
Alors le silence envahit les pages, les mots font de moins en moins de bruit et puis s’en vont. Les phrases prennent d’étranges tournures, ne parlent plus que par ellipse. On perd le fil de la pensée quotidienne, à force. L’intelligence des jours part en pointillés et en zones franches. On commence quelque chose et on ne va au bout de rien.
Ce n’est pas moins que ça. Une longue période de joie inconsistante, une joie sans fondement, apparentée à un exploit de pacotille, une jouissance brève à la main, sans le moindre rendez-vous, un usage emprunté de la joie. On a senti ce genre de choses parfois, même relativement souvent, ce n’est donc pas vraiment du neuf, du sérieusement intrigant. Une joie qui ne se raconte à personne, qui n’a que des métaphores minces. Je dirais la joie enfantine d’avoir reçu un bon point ou un compliment. C’est un sentiment qu’on se donne à soi-même, que personne n’a cautionné, n’a créé ou engraissé. Il est né en claquant d’un simple geste le couvercle de l’ordinateur. …Là-dedans quelque chose de fini, enfin. Et on est étonné même d’avoir atteint ce but, étonné et donc heureux. Un peu.

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