Journal poétique / www.jouyanna.ch

notes de voyage encore

vendredi 8 août 2014, par Anna Jouy

dévorer des pâtisseries de bon matin, une boule de crème enrobée dans un chocolat blanc et une fraise unique et juteuse comme un tétin sur un mamelon de Vénus dans un hôtel modèle Sissi et dans lequel se promènent avec des gilets et des cigares quelques gentlemen fantômes revenus des Indes ou de tout. je me mets à rêver aussi à la délicate jeune évaporée que j’aimerais être, retournant avec nonchalance ses voilettes avant de lâcher un soupir Samsara ou Patchoulis.

musée Escher. graveur à l’esprit soi disant dérangé mais dont le travail me met au défi d’admirer en fait l’incomparable précision de ses gestes, l’ordonnance parfaite de ses idées, l’exactitude méthodique de son art. je visite. tout va trop vite mais ce sont des amuse-gueules qui ouvrent en moi des appétits neufs.

grimper par un vieil escalier de bois comme dans un tour de vis vers un paysage présenté sous la forme panoramique. une projection en 3D bien avant son existence. me laisse impressionnée comme une enfant tant je trouve cette mise en scène de la peinture réussie et efficace. je rentre dans la toile, je suis au sommet de ma dune l’observatrice éblouie de la plage de Scheveningen. je tourne, je pivote, transportée à une époque de sables visibles et sauvages, non encore domestiqués par des architectes sans la moindre inspiration.

l’envie plus loin de caresser les bronzes sensuels du cubiste Laurens. aucune contradiction entre ces deux termes chez lui. suivre le manège d’un père qui raconte l’art à sa toute petite fille. on sait déjà qu’elle sera si belle un jour, lorsqu’elle peindra des portraits attendris de son vieux père, se demandant pourquoi elle fait ça et comment le faire encore mieux... et aussi comment le garder vivant.


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