Journal poétique / www.jouyanna.ch

exil

samedi 9 août 2014, par Anna Jouy

jardin du Luxembourg. face à face avec les fleurs.verveines et géraniums, orchestration savante des violets et roses entourant la pelouse. le vent frais, le ciel encore bleu...

j’écoute le bruit spécial du gravier qui fait chapelure. plus loin la tour Montparnasse et je prends l’air dans ce matin calme où le Parisien n’existe pas et où nous sommes les touristes rois. ( tout le monde se photographie et il y a même le selfie de groupe et de grappe). je me remets en respirant. et la vie du lieu, du quartier petit à petit me semble plus perceptible. des gens courent, d’autres traversent, des êtres sans cesse passent et vaquent.

puis me vient la question de ce qui permet ou rend possible l’exil et l’enracinement dans un ailleurs. comment vivre dans un endroit si différent de son "avant" ? comment choisit-on de s’installer dans un monde dans lequel on n’a jamais existé ? quelle faille en soi pour parvenir à s’y faire ? quelle terre avoir remuée pour mettre racines dans cette autre ? ça doit venir d’une aptitude’peu commune de danser sa vie...

c’est devenu une question qui revient sans cesse, celle de l’insécurité qu’il faut pour écrire et celle de cette sécurité tout autant qu’il faut aussi pour s’ouvrir et pouvoir le faire. comme si la combinaison de deux était à trouver, une friction ou une anfractuosité d’où quelque chose peut survenir naître et prendre forme.

faut-il alors comme moi ce jour, sortir mon nez dans cette ville par moments successifs puis m’en retourner vers l’hôtel et déballer mes achats de pensées et sensations en vrac sur le lit, mes soldes de tête et de cœur...?

petite halte à saint sulpice. église qui me semble frayer aujourd’hui avec le style heroïc fantasy et ferait un décor superbe pour films d’anticipation, ou quand le passé s’incruste avec perfection dans l’idée qu’on se fait du futur..

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