Journal poétique / www.jouyanna.ch

questions

vendredi 15 août 2014, par Anna Jouy

tablier rangé, mains propres, jardin intérieur plus ratissé que jamais, pas un caillou saillant. je ne bougerais plus dans ce tableau parfait, cet assemblage de petits travaux, tous risiblement vains pour atteindre une fraction de seconde une idée d’émerveillement.

et puis aussitôt presque, sous l’effet d’une haleine d’un mouvement de tête d’un cheveu, voir tout ceci se défaire, se démettre quitter sa posture et courir vers sa déliquescence.
tout ce qui monte et pousse, tout ce qui s’affaisse et se dilue. la perle blanche d’un coprin tuméfiée d’une encre sirupeuse, ce sourire idéal tombé en rictus, cette fierté saquée de servitudes.
le quotidien se relève à coups de manivelle, de la clé magique qui retend les rouages et usurpe l’éternité d’un simple geste, d’une répétition d’horloge.
ce qui m’échappe ensuite, autant de molécules autant de mots autant de désirs autant de regrets quand je sais si bien que tout se fait sans moi et se tient sans moi que je ne manque pas à la vie et ne manquerai jamais .

je me demande ce qui se trame dans le crâne des morts. comment se dire n’avoir plus rien à dire ? ce recyclage perpétuel...et l’amour dans tout ça qui gît peut-être par strates épaisses sous la terre des cimetières.
qu’en est-il de mon amour qui a perdu sa peau ?

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