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analyse en cours

lundi 22 septembre 2014, par Anna Jouy

Avoir cherché
Cette sensation qui court devant moi, ou tout autour. Enfin quoi, ce quelque chose qui étourdit, et dissipe le regard. Comme s’il fallait qu’éclatent sans cesse des jeux de lumières, des ovnis, des insectes.
M’être faite à ce pli, ces saccades de bras, de mains, de jambes et de l’œil étonné. Chercher, ne rien saisir. M’être rassurée à force : oui dans les étagères de la vie, d’autres choses encore, un objet, un diamant, un dieu.
Et continuer, en quête de ce qui assomme et vous raidit presque mort tant vous êtes sur le point de naître.
Poursuivre de plus en plus hébétée, les yeux injectés de trop d’images, de clinquants et d’admirables.

Avoir cherché
Passer lasse, ensuite au revers des médailles, dans l’envers de l’histoire, dans les doublures de strass et des paillettes. Dans le décousu les reprises, les failles et les déjetées d’ombres.
Tout était blanc, tout donc n’est plus que noir, que cirage et statue, que tombes et spectres.
Imaginer qu’un cri allait faire ciller le ciel à nouveau, qu’il allait briser la glace, l’acier même tant on se croit fort de hurler.
Plus loup que les autres. Plus sauvage, plus violent. Se donner le genre maudit, se bâtir ses écorchures, la désespérance.

Cherché et quoi encore.
Cesser. Ni courir ni attendre. Juste saisir à la main les poissons neufs qui volent, l’instant s’il se donne et remplir sa boîte d’allumettes d’étincelles et de bois mort.

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Messages

  • - 

    Il y a un peu de ça... chercher et ne rien saisir...
    Suivre un chemin, qui se déroule.
    Ce n’est pas une voie tracée.
    Bordée de signes qui semblent nous être destinés.

    En fait c’est un langage qui ne s’adresse pas à soi.
    Pas à soi en tant que personne...
    Un bavardage qui prolifère, et dans les néons, et dans les annonces.
    Une voix chuchotante, qui dissimule sa violence
    sous l’amabilité, le jovial.
    On peut toujours saisir ce qui nous est tendu, offert.
    C’est d’abondance,
    mais c’est courir le risque du leurre renouvelé.

    Il n’y a de vraisemblance qu’à fermer ses yeux ( et donc n’en rien saisir),
    la lumière ne s’accrochant aux choses
    que pour mieux en cacher l’ombre .
    Ainsi Ulysse continue son voyage
    en restant sourd au chant des sirènes.

    L’éclat des jeux des lumières, les fanfares pour toute occasion
    peuvent poursuivre.

    Je ne les écoute pas.

    RC

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