Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 284

mardi 4 novembre 2014, par Anna Jouy

Comme tout un chacun je déboite le tas d’os. Au centre du plexus, fermé, et dedans c’est de la vie qui ressemble au point mort. Je crois, comme tout un chacun, que s’ouvrir fait mal, que l’éclatement des pétales tristes arrache et décolle. Je protège mon noyau : parfois il est trop dur de dire frère…
Au centre il reste un doigt, pointé, en feu dans le sternum, une question levée et qui perce du fond du cœur sale. C’est le fruit de cicatrice, ça brûle, sans onguent que de rompre le torchon de l’ossuaire.
C’est la dislocation du rêve. Pourquoi la mort y loge-t-elle tant ? La nuit je me saigne, à la poitrine, aux gencives. Je ne me connais plus, la mort me grignote. Et quand je reviens avec la défroque de l’assassin, je sens sur moi ce bubon secret au centre du thorax. Il faut alors désarticuler l’amalgame de mes violences, me démettre de ces fissions d’angoisse. Je suis feutrée de rouge et de feu. Tenter le lissage par le poème, désenfler.
Éclore disent les fleurs.


Eclosion - La laine des moutaines
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