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journal de l’aube 291

lundi 17 novembre 2014, par Anna Jouy

Je voudrais être l’enfant de mes mots… qu’ils aient l’envie de me mettre au monde s’ils tiennent en l’air un peu d’amour. Je serais de leur famille, d’un arbre à fruits ou à prières cela n’aurait pas d’importance. J’aime l’arbre que j’ai dans ma gorge, et ses racines bronches qui ancrent la parole au centre du corps. J’aimerais sortir de mes mots, comme on retourne le gant de sa vie ou comme on bubble gum son placenta d’espérance. Les mots désormais parenté. Ils me prononceraient avec un accent d’ailleurs, une scansion de rivière ou de mer découpant le vent en pieds de psaume. Ils m’enfleraient de murmures, m’inonderaient de cris, m’élèveraient de chants. J’aimerais qu’ils mettent fin à mon mal orphelin.
J’aimerais qu’ils m’exaucent. Alors il faut construire leur ventre, leur sexe, modelé leur désir à la belle image. Il faut y mettre de l’âme et une passion qui les pousseraient à me créer. Faire d’eux des amants magnifiques, les hermaphrodites fœtus de ma nouvelle apparence. Prendre soin de ma pensée et mettre dans ce terreau les fumures de ma sale colère.
Fertiliser la mort. Mes géniteurs sont loin depuis longtemps. Ils me laissent la renaissance… atteindre l’enfance de leurs premiers mots peut-être.


Sous l’eau en noir et blanc
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