Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 292

mardi 18 novembre 2014, par Anna Jouy

La nuit me donne le remous et le mur. Je gratte le blanc à la charnière des volets. Ça grince et mon ventre ploie et danse dans ces gonds. Le mouvement que c’est d’ouvrir la mort…
J’écoute l’insomnie qui est ce cri de guerre de l’effacement et de la disparition. Je veille à la luciole.
Me voilà guetteuse à la faille. Épiant la parole. On parle d’un fleuve je parle de coulée debout.
Il faut s’allonger sur le sol, en indien, le sol vertical qui est le domaine de la lumière.
Dormir c’est renoncer à la métaphore, enter le vif du sujet. Et l’image m’enchaîne… insomnie est une terre de révoltés, de pleutres aussi incapables de reconnaître que le noir est le maître, une armée de puces au cou des constellations.
Ici parfois, je passe. L’insomnie est-ce la mappemonde des exilés de la lumière ? ça tourne et toujours nous dansant sur le fil de ce qui nait, de ce qui disparait, comme des bûcherons dansent sur les billots du fleuve.

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