Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 297

lundi 24 novembre 2014, par Anna Jouy

J’ai brisé quelques lignes, le corps zèbre. Des étapes, l’escalier. En écrivant j’aligne. J’aligne ligne à ligne mon temps. Et autant de traits pour minuter l’infini. Je porte sur le blanc ou le noir, cela dépend des jours, un relief, quelque chose de mince cependant, de si mince, et sur lequel je m’incline. Parfois le segment -virtuel désormais- semble grossir l’espace et parfois ce n’est rien, à peine un soupir sorti du woofer sous la table, si volatil. J’avoue revenir aussi dans le semis de pierre qu’est l’encre, avec son arbre qui s’effeuille, une sensation sans doute de braille plus simple et plus facile.
J’ai brisé quelques lignes, misé sur la gravure insaisissable, écrire c’est à peine ça : vouloir blesser l’air d’entailles
Et sur ces marques vraiment vaines et invisibles, jeter une sorte de poudre noire, le révélateur d’un peu de poussière, virtuelle désormais- Me suis prise au jeu de mettre au clair cette transparence dont je suis faite. Il y a des coins très sales, d’autres presque vides. Ma vie est tissée d’invisibles irréguliers. L’aléatoire promenade de ma vie laisse parfois des trous dans le cocon. Ce doit être par là que parfois, je me penche, éprise d’un vertige à tomber dans la mort.


Dennis Ekstedt : Delirium | Art Mur
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