Journal poétique / www.jouyanna.ch

La pensée est chair.

mercredi 26 novembre 2014, par Anna Jouy

La pensée est chair. Sans cette viande autour, ce flux des sens, le sang, la respiration, ce dont nous sommes nourris, ce dont nous souffrons ou jouissons, la pensée n’existerait pas. Elle est totalement corporelle. Comme un parfum appartient à sa rose. Ces deux faces n’existent pas l’une sans l’autre. C’est une vue bien artificielle des choses qui nous constituent qui voudrait séparer l’un de l’autre.
Mais ceci étant dit, aller plus avant : l’écrit est corporel lui aussi. Il est un prolongement de ce corps, une extension sortie de lui. Chaque écrit est une empreinte de celui qui le met en forme. En fait une sorte d’ombre faite d’encre ou de pixel, de soi. Vouloir séparer l’un de l’autre est une absurdité relevant plus de cette maniacomanie ambiante qui veut tout cloisonner et séparer, que de la réalité. Je suis ce que j’écris, je suis le contenu et le contenant. Mon écrit est une prolifération de ma personne.
Il est indéniable que la biographie intime est capitale dans la constitution d’un style, d’un timbre, comme il est indéniable qu’en me lisant chacun trouve des indices ou révélations importantes de moi. J’écris non seulement ce que je pense mais comme ce que je suis. Ma vie sans cesse change la forme que prennent mes textes, leurs déroulements, leurs mélodies, tintamarres et couacs.

Ne pas confondre la maitrise d’une technique et la véritable voix qu’il y a dans un texte. Je ne dissocierai jamais une personne de son texte. il m’est impossible de donner le moindre consentement à une écriture si je n’approuve et ne peut accepter son auteur sur l’essentiel de sa pensée. pas du genre à me laisser embobiner par un style, ni envoûter par des effets de verbe. Il faut n’avoir jamais écrit je crois pour prétendre qu’il y a un style et une personne.
je ne peux pas admirer quelqu’un qui écrirait bien si je le sais un salaud. La voix d’un orgueilleux est pétrie d’orgueil, d’un "tueur2 de malédictions, d’un m’as-tu vu de prétentions, d’un complexé d’emphases… l’écriture est alors purs effets de manches, pour moi sans intérêt et réclamant aussitôt ma résistance.

Je réfute le devoir lire, pire le devoir avoir lu… franchement que ces humains imbuvables aillent salir d’autres murs que les miens. vraiment, si la littérature est la simple expression d’elle-même, elle est bien stérile et sans le moindre intérêt. par contre en tant que voix humaine, on peut encore espérer...


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franchement il y en a bien d’autres ...

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