Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 301

vendredi 28 novembre 2014, par Anna Jouy

Ils visitent le monde, ils partent, je les entends et je vois leurs grands souvenirs…ils empliront leurs jours d’images, d’odeurs et de langues étrangères. Ici je n’ai que le tour du jardin, la variation du ciel, l’étonnement des feuilles pour reconstruire l’humanité toute entière, que la lutte minuscule de quelques pucerons pour savoir la guerre. Je n’ai qu’une longueur de bras pour envisager l’espace, qu’un empan pour définir la planète, qu’une aube de fenêtre pour être dans le temps
J’écarquille alors mon œil et je présume. je lance les bases expéditionnaires au travers d’un télescope imaginaire. J’énonce l’univers comme les chiffres le dessinent dans le crâne du savant. Je brasse les hypothèses, j’use de supposés grandioses et dans mon terrain de jeu -mon île n’est-ce pas- j’élabore ma théorie de la vie, ses prérequis existentiels… Dans l’étroit laboratoire d’un carnet, j’élucide –faux ou vrai- les chimies du reste vif et des entours. Même ce qu’il y a dans leurs cœurs, leurs sentiments, je l’invente. Comment aime-t-on dans le nu de solitude ?

Et il devient de plus en plus clair dans mon ignorance que mes soupçons sont largement en dessous de la réalité… vision distordue du réel.


Fernand Khnopff, Des Caresses, ou l’Art, ou le sphinx (1896)

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