Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 302

samedi 29 novembre 2014, par Anna Jouy

je prends à la flamme sa lueur. ce quelque chose que je peux mettre à la pupille, une présence qui brûlerait, qui penserait l’amour que je ne sais pas dire. alors me promener et telle une eucharistie profane, partager le feu et l’eau de mes paupières.

qui sait si le feu n’est pas le juste pont sur lequel s’avance la mort et qu’on dit arches de vie...

je prends, j’enterrine le dit de la flamme, dans mon œil de cire et de larmes. elle veille à l’huis de mon corps. qui entre se saisit de cette torche, de cette allumette, de l’étincelle pour chercher son chemin dans le noir.
la gardienne lucide n’est qu’un phare dans l’opaque mais du moins ce guide.
après la terre n’est pas conquise, l’accostage sans garantie. mais empêcher qu’un être s’échoue à s’approcher de moi.

c’est le matin, j’ai allumé des cierges, l’existence qu’il y a encore en moi est sous les veilleuses. devant elles, je regarde, fixe l’image au sas des cils. je me revêts de lumière. il faut que quelque chose brille, que cette convocation des lueurs réussisse son leurre de feu et de chaleur.

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