Journal poétique / www.jouyanna.ch

Saint Vincent Aoste

vendredi 5 décembre 2014, par Anna Jouy

Ce n’est qu’un petit village, en fait. L’hôtel garde une belle place. Un hôtel jaune, avec des hauteurs blanches et des balcons vitrés comme il y en a aussi sur le boulevard de ma ville. Probablement, telle que tu me connais, l’ai-je choisi pour ça, pour cette ressemblance au déjà vu… Il y a aussi cette sensation d’une ouverture que me donne l’espace pavé, ouverture sur une suite, sur un départ encore possible. Et j’en ai besoin. Je n’avais pas envie de commencer le voyage en allant loin mais les montagnes m’ont toujours paru des pièges dont on ne peut plus sortir, des dédales dangereux dont il est difficile de s’échapper. Et je n’ai pas assez fait de route pour être sortie de leur magnétisme.
Je suis ailleurs bien entendu, mais on y parle ma langue et ce n’est pas encore l’aventure, juste une sorte d’outrage au sédentarisme culte qui m’habite d’ordinaire. Comme il pleut, autant te dire que je ne vais pas garder de l’endroit une idée de villégiature vivifiante. Tout me donne la sensation de sonner faux, que tout est usurpé ici… un petit air du Sud dans un monde gris et hivernal à souhait. Mais ce n’est que l’idée de l’exotisme que je me fais, que l’idée de l’Italie que je me fais. Probablement que c’est trop « comme par chez moi. » Et puis il y a cette couette vieillotte qui est la réplique parfaite du goût de ma mère et ces rideaux moutarde encoffrant la vue d’une épaisseur que j’aimerais déchirer.
Je me promène et je compte les pavés. En semaine- peut-être tous les jours- c’est calme comme l’hiver, absent monochrome. Du gris, dans le ciel, sur les montagnes, dans ma rue... Te dire alors mon état d’esprit.


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