Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 309

lundi 8 décembre 2014, par Anna Jouy

En ce moment de l’aube où je touche le rivage du jour, je prête l’oreille au solde de la nuit. L’écoute, c’est ce qu’il reste après avoir écrit. Tout pareil, comme un reliquat, un écho qui subjugue encore parce que ça va mourir. Tant de phrases et cette histoire que vous avez pensé devoir dire. Vous avez rassemblé, râtelé votre fonds de commerce pour bâtir, bâtir, bétonner et armer la parole. Vous n’aviez pas assez de matière et les heures vous manquaient, elles aussi... Vous avez trié, vidé votre chambre des secrets. Le froid de vos mains, de vos épaules, de vos pieds, oui, car il n’y avait que le muscle de la langue aux poumons qu’il fallait entretenir, réchauffer, maintenir à l’état fonctionnel.
Après cette houle d’énergie, il n’y a rien à faire ; les bras ballants, la voix semble toujours errer et courir après quelque chose qui a disparu, qui s’en est allé, qui s’est dissous dans le cerveau au point de n’avoir plus rien dire. Écouter, la seule chose possible encore...Juste s’abreuver à des langages inconnus, autres, différents, une vacance musicienne, picturale, silencieuse
Je ne peux plus qu’écouter.


Écrire (publiquement) pour penser | Hypotheses
hypotheses.org500 × 375Recherche par image

< >

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.