Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 320

mercredi 31 décembre 2014, par Anna Jouy

Nuit. Place blanche. Beaucoup de neige encore. Dans une semaine, elle aura disparu. On annonce 14 °, blanche nuit aussi. Espace entre deux années, derrière et celle à venir. Espace propre que je ne voudrais pas même tracer. Je regarde l’étendue vierge des alentours. Je ne sors pas …tout est encore si net. Du premier pas, il faudra alors songer qu’on ne peut que salir ainsi le parfait. Ne le faire qu’en ayant au moins une bonne raison. Il vaudrait mieux alors se retenir et attendre un temps où les traces demeureront illisibles, fondues dans le terrain, absoutes dans l’indifférence de l’herbe et du bitume. Ne tracer que dans des zones sans poursuites possibles.
Mais la semaine est blanche, parfaite adéquate à la paralysie le plus totale. Je ne salis d’encre que mon intérieur tranquille, à l’abri des impuretés commises sur la neige.
Je mesure mes désirs, beaucoup d’entre eux ne sauraient être que partagés. Je suis de cette sorte de gens qui ne prennent en bagages que l’essentiel et en ce moment, l’essentiel c’est la solitude, la peur, et la vie qui s’arrête à la bordure de soi. Paris Bordeaux ou Milan, tout l’ailleurs est confiné dans le pourtour de mes 56kg.
Il n’y a que l’immense confort du temps que je peux manipuler à ma façon. Me lever à 2heures, manger à 11 ou 15 heures. Prendre un bain dans l’après-midi et écrire pour effacer les intermittences. Livrer, élaborer un poème, un peu de texte. Pianoter. Le temps est ma liberté, mon espace de délassement. Je le tripote comme d’autres testeront les aéroports et feront de la translation. Moi je décompose le temps. Il est 3h 30 du matin, un café, une mandarine, un livre en mains (Pontalis) et dehors la neige qui brille, le terrain vierge de visiteurs ou de moi.

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