Journal poétique / www.jouyanna.ch

take my A train

samedi 3 janvier 2015, par Anna Jouy

L’entier de la fraternité est dans la chaise qui me fait face.

Le vide promène sur moi ses chemins de fer, ses doigts et ses horaires, un siège avec fenêtre dans le sens de la marche et du peu qu’effleurent les secousses du temps.
Voyage en première classe, mon âme est compostée. C’est le dernier appel, on déchire les échos.

Il faudrait trouver maintenant une eau qui me baptise, une voie qui me tire, un fil qui dompte.
Le compartiment est épais comme une église païenne, empilé d’atmosphères jusqu’à la voûte des bras joints. Ce sont des suppliques d’acier et de boulons.
Les maisons aussi font des pirouettes et dansent en coupole.
Les tunnels cognent au toit et rebondissent, le corps massacre, nef couchée dénuée des cris
dans la solitude du wagon-dit.

Fraternité des chambres avec vue. Il fait immuable dehors, dedans ne fait pas grand-chose.
Et moi je monte et jette mes visions dans les fourrures d’un vieux cigare.

À la prochaine je descends.
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