Journal poétique / www.jouyanna.ch

du matin

dimanche 4 janvier 2015, par Anna Jouy

La question de la solitude. Celle de l’écho, celle de sa propre voix qui part et qui vous revient, toutou fidèle, sa balle à la gueule.
La question de qui, de quoi, de quand elle se modulera autrement, de quels obstacle, parcelle ou montagne, elle va s’écarteler ou se rétrécir. La question de ce que je lance, de ce qui arrive et de ce que j’attends qui pourrait arriver...
L’ouvrir ou la fermer ? Laisser l’autre réfléchir ou se mettre au miroir et le jouer à s’y user ? Je peux patiner des heures dans l’infini qui s’étire de l’autre côté et ne rien jamais pénétrer. Je peux aller au fond de ce puits qu’est le vrai monde et ne jamais rien pénétrer non plus.
La question de l’enfermement, de l’exclusion de soi, de se débattre contre le lisse de toutes choses, ce qu’ils appellent les murs, ce que je dis l’impuissance… La question de savoir à quel point je suis modulable, malléable, influençable, alliage à mémoire de forme, et que toutes contaminations sont possibles et me gâchent, comme on touille la purée et que les jus et les poudres y adhèrent et deviennent indissociablement autres
La question de tout couper, de tailler ras, jusqu’aux moignons, d’espérer m’en sortir neuve et de savoir qu’il y a aussi là, comme une puissance de mort et un désir muet d’en finir.
La question de la légèreté du propos, de la bêtise crasse qui loge encore au cœur du poème, que je n’effleure jamais que, que je n’aborde jamais que sous condition, que j’ignore en somme, comme en sommeillée et que ce n’est jamais le lieu de réfléchir (revenir au miroir)
La question de la demeure, de son sens premier. En quoi cesser de nomader. Être du temps risque de m’emporter et de n’enfoncer le poinçon que dans le sable. Ne faudrait-il s’en aller avant que d’être tout ce monde, la mixture et l’enveloppement.
La question de savoir s’il existe encore une voix qui m’extirpera de moi-même et me fera … comme j’ai dansé sous la flûte du dompteur.

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