Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 325

mardi 6 janvier 2015, par Anna Jouy

Mais comme ça ne cesse de rebrousser le lisse des poils de mon indifférence , brosse de risette à la dent dure…comme ça passe et repasse contre mon courant, mon agenda du rien à foutre,
on dirait la semaine des aspérités, mon dos monticulé où s’innerve le braille du silence, je ne lis plus.
Mais comme ça ne cesse de me japper contre, de mâchouiller mes grolles, comme vraiment ça grogne et froisse l’air du temps, comme ça ne cesse de revenir, marée de discours avec son fonds de vase des eaux troubles.
On dirait le mois entier oppressé des monceaux de la peur et mon dos, bon qui joue aux haltères du silence, je n’écoute plus.
Mais comme ça ne cesse d’agacer mes gencives, de brûlot en brûlot, comme vraiment ça cuit et recuit dans le tambour des lessiveuses, comme ça ne cesse de dégorger rance et noir
On dirait un temps complet, bourré jusqu’à la gueule des ordures, tant d’enfants qu’on me fait dans le dos…. Je ne digère plus que le silence.
L’actualité, son présent continu, violente, qui larde la vie de tranchées et de sang, tout autour, qui m’entame, qui m’ébrèche, me sape. L’actualité qui éclate ma vie en paillettes de sensations, et juste la poudre de l’effroi dans mes mains.
J’ai honte. L’actualité fait du monde l’endroit où je n’arrive pas à vivre. Et de ces trop fortes émotions nées si loin de moi, que je refoule et chasse, nait la compassion sous cellophane que j’éprouve pour ce qui arrive ici, proche, presque tangible… Notre-Dame La Peur...lâchez- moi.

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