Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 327

jeudi 8 janvier 2015, par Anna Jouy

Nous ne devions rien dire. Mais pourquoi le taire ce rien, ce rien absolu. Ce monde nous vient à la gueule ; des membranes gluantes mortelles repoussent et envahissent, étouffent l’air lui-même. On pourrait en mourir. Mais eux…
Ils sont bien morts, d’une mort grandiose, soulevant derrière elle les nuées de la vie. Ils sont morts en transmettant aussitôt leur liberté, témoin reçu, leurs corps à peine tombés que la semence de leur révolte a fertilisé l’entier du monde, spores libres et purs soulevés. Le vent de leur cri a porté. Il a ravagé nos chemins indifférents il a labouré le cœur des bâillonnés. À la levée de leurs corps, la poussée aussitôt des hommes libres. Parthénogénèse de l’ audace, du courage. Ils sont morts pour ce tout que nous allons dire, ce tout gigantesque maintenant, ce monde ne veut pas des oppresseurs, ce monde ne veut pas des assassins, ce monde se dépouille des dieux vides d’humanité, d’une répugnance obscène.

des fleurs dans ce désert , amis des fleurs

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