Journal poétique / www.jouyanna.ch

salon où je cause

mercredi 14 janvier 2015, par Anna Jouy

fauve de salon.
l’hypothèque du mauvais temps tendre restaure ses steppes sauvages. longueurs de fils et coudées d’herbes, le jardin persan ne suffit plus à mon désœuvrement. tapis de saison, jeté dans les glacières pour raidir les grouillements secrets des fourmis.
ah ! l’exploit des sauterelles, zappant d’une ramassée de jambes le balancement tranquille des fétus.
envie de prendre l’air par les cuisses, d’activer le ressort tassé tendu des bonds en avant.

je suis en couveuse, dans un broc mûr, tous les calorifères en expansion. le plafond sue les tropiques. on y verrait des palmiers et des orchidées, chaleurs et moussons artificielles.

ce sont les crevaisons de membranes de ces climats moites qui brident les pensées et le voyage avec la rustine de la flemme.
en hiver, le corps ne sait plus ces coups de froid. la clef des armoires est perdue.
je poursuis une vie bermuda et dehors il gèle.

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