Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 337

mardi 20 janvier 2015, par Anna Jouy

Je suis rentrée hier et la nuit n’est plus la même, et ce jour et cette aube... Tout a disparu.
La neige dessus comme une lumière en plus, une pâleur d’écran blanc reflétant le plus des rayons. On peut faire la photo, tout sera parfaitement clair et net.
Hier et tout change à mes yeux lentement. Les choses se modifient. On ne le voit pas ; les ongles poussent les cheveux aussi et plus rien ne convient soudainement. La marge a été franchie, l’état évoluant est devenu l’état tout simplement. Il faut couper.
Je suis rentrée. Je reprends le début comme il faut le faire souvent et s’y attarder, le fouiller, l’ausculter. Je suis rentrée hier et la nuit n’était plus la même. La porte se ferme. Dedans c’est l’espace, la maison, c’est ma propre tête, mon crâne, la grandeur de mon crâne. C’est ainsi puisque je suis seule et qu’ici je pourrais vivre dans le délabrement du monde sans n’être autre chose que moi. Et le bruit de ce qui gratte à la porte, qui toque à la porte qui hurle à la porte et la force à coups de bélier, ce bruit me quitte.
La nuit le jour bien sûr, ce sont toujours deux mondes, l’un et l’autre se frictionnant au verre dur de la porte…
Quand je franchis le seuil, j’abdique et me rends au monde. Ma vie ne peut se faire se pratiquer que sectionnée en deux et c’est l’heure de la guillotine. J’irai comme le volatile, le corps vaquant aux affaires agitées du grand jour,. ici restera mon être, patient jusqu’à la nuit.
Ecrire est ma schizophrénie habillée d’un costard d’encre, d’un linceul de vie ou d’amour.

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