Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 359

jeudi 12 février 2015, par Anna Jouy

Le sommeil m’a fait dans le dos un cheval mort, une visite sourde des poids de certains souvenirs et dont je ne suis pas débarrassée : honte de n’avoir jamais que céder sous toutes mes peurs. Reprendre un à un ces échecs et en ressentir l’impuissance organisée, ennemie de moi-même. Les avoir emportés ensuite avec moi, bagages inutiles injustifiables. Et me demander avec ironie pourquoi donc le ciel est-il si lourd !

Rassemble d’une main longue, ramures mon arbre qui penche, il tombera du côté du tas mort de ces pesants chevaux
Ces carnes ont dormi, longtemps, à l’abri de toute plaine et de tout vent, cendres vieilles plombées dans les draps empesés de la nuit.
Édifie leurs ombres d’une main longue, peigne d’ambre et d’ongles, leurs escapades nouées dans ta gorge
leurs taches noires dans la voix, troupeau de cris à l’entaille du sabot, qui se plaignent
Réunis leurs crinières d’une main longue, fouet des osiers qui tressent, étrilles à cru sans dossard, ce ne seront que des chignons sur les moignons des saules
Tu leur dois un galop, une fuite, la sauvagerie de la horde, qu’ils aillent au désert ou dans les caniveaux, c’est de la croupe tartare. Il faut manger ta selle.

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