Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 362

mardi 17 février 2015, par Anna Jouy

Comme entre deux heures ou deux secondes, je peux flamber et n’être à la fois que cendres. Comme il peut y avoir au même titre, à l’exacte mesure, le pour et le contre, l’envie et le rejet.
Comme l’aube peut appeler le jour, la lumière la venue et comme elle peut se tendre vers sa nuit, la retenir et s’y abîmer.
Alambic des ambivalences, des pesées et de l’équilibre. Tendre un bras et puis l’autre, ce ne sont que deux sens d’une même droite. Je me tiens au moignon central, une sorte de manchote intégrale ; rien à proposer sur l’horizon. Et pourtant avoir mal là au bout des membres amputés, tenter de saisir ou de s’appuyer sur l’infini. Et puis ce temps où l’on ne touche plus rien, où il ne vous arrive de fait plus rien non plus. Sinon ce qu’on doit s’inventer, ce qu’on doit recréer de toutes pièces : ses ongles, ses phalanges baguées, le poignet et ses bracelets sonores, le coude jusqu’à l’os huméral. Les outils de sa communication, les outils de tendresse, les fourches d’amour pour égayer son champ de vision.

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