Journal poétique / www.jouyanna.ch

Et si je ferme mon visage, le rendant blanc...

samedi 28 février 2015, par Anna Jouy

Et si je ferme mon visage, le rendant blanc et sablonneux, poudres dessus, me recouvrir. Si je le ferme, les forêts ont quand même leurs fenêtres barbares. Tu sais que je tire à moi les claires-voies, mon corps veut son duvet de cercueils. Et moi y compris qui me couche dans le couloir du soleil, cadrage horizontal. Flic-flac de secours pour les désirs rompus. Là-haut et là en bas aussi, le monde existe, dis-moi ce que ça change...
Et si je ferme mon visage, le rendant soudain plus nacre, couvent de secrets, que je me tienne au périmètre des miradors, le fusil sur l’oreille, un crayon de fortune, c’est toujours la même rumeur qui court. Tu sais que j’écris, il me manque toujours une lettre, la tienne, dans le tirage du sort. Maldonne de loto. Dans cet effacement, il y a une force explosive, bien pire que ses propres voyelles. Je te laisse légiférer l’oubli, dis-moi ce que ça change…
Si je ferme mon visage, le dissolvant au make-up, les dires, les traces de passages, houppette et balai de riz. Si je le trahis encore, t’en faire sentir les abois sans t’en donner rien qui nourrisse. Malgré mes gages et ces cageots. Pas de parfums, pas de jus de saveur. Pas de baiser dans ta paume à promener au fil de peau.

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