Journal poétique / www.jouyanna.ch

Nous lirons le poème, comme un doigt dessine...

jeudi 19 mars 2015, par Anna Jouy

Nous lirons le poème, comme un doigt dessine l’ouverture dans la nuit. Nous serons penchés, pliés, nos genoux dans les roues de l’univers et nos yeux perdus dans la crémaillère qui monte, l’aube est un endroit pour mourir, s’enfouir dans l’obscur message, hypnose des horloges. Nous suivrons la peau, les pelures qui tombent de la langue, flocons de bestioles et de mouches, les vieux de la vieille du vol. Nous en serons rassasiés, couverts, comme des bêtes au dos fécond. Nous sentirons grossir en nous les marmites crapules, se gonfler le levain parmi nos sables. Le temps vient aux hommes comme l’amour à des scélérats, par derrière le balustre du poème. Nous lirons pour lever le bas du ciel, fous par mégarde, apprentis du vent saoul des pas de vis.

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