Journal poétique / www.jouyanna.ch

trembler

dimanche 5 avril 2015, par Anna Jouy

Il est question de déséquilibre, d’installer l’instable, de provoquer des rétablissements inventifs et nécessaires. Ce ne sont pas des choses nouvelles, tout le monde le sait : c’est au centre du désappointement que surgit l’écriture, la peinture, l’expression. Ce n’est pas de cette pensée dont il me faudrait parler mais de cet être psychorigide qui immobilise mon geste, qui cadre et recadre, qui remet à sa place, lisse et taille. C’est de ce moi qu’il faut rendre à l’insécurité, qu’il faut ramener au bord du précipice, qu’il me faut inviter à des filins et des bras tendus. Parce qu’au fond cet inquiet guichet, ce tourniquet dans le sombre, l’abord des couloirs, du venteux sur la tête creusent en moi une douleur brûlante, aigre et acide, le forage du plexus avec borborygmes. La tête est d’accord, l’esprit a fait tout le chemin pour atteindre son périmètre d’insécurité, mais le ventre, le second cerveau, se rebelle. Il s’agrippe à des coins de table, il parcourt la carrée, arrange et met de l’ordre. Il refuse, il refoule.
Je fais acte d’obédience. Je dois partir. Je l’ai promis, je me le suis promis, avec cette absurde antienne qui se répète et se répète encore : pourquoi dois-je sans fin me porter à l’affrontement. Soulever mon temps. Pourquoi la solitude d’écrire me pousse-t-elle à la solitude de vivre, de sortir des lignes du cahier et de prendre la ligne zurich –istanbul… avec cette sensation que toute la vie revient à sa métaphore, et que tout écrit se concrétise ?

lire une autre >>> plus courageuse Sabine Huynh

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