Journal poétique / www.jouyanna.ch

Ce n’est qu’une douleur blanche, blanche comme...

mercredi 27 mai 2015, par Anna Jouy

Ce n’est qu’une douleur blanche, blanche comme on parle d’entité, de nuit, de pertes...

Aussi blanche que l’absence, les limbes, le suaire, la peur.
Je l’appelle comme ça parce que ne rien éprouver qui soit battant.
Rien de rouge, de saignant.
Rien de vif, rien dont on pourrait dire que ça existe parce que quelqu’un l’a touché, ou parce que ça écœurerait, ou que ça remuerait dans les tripes.
Pas une douleur véritable de couloirs, de pharmacie, d’urgence.

Une douleur simplement suspendue.

Mais cette pâleur, cette poudre de plâtre sur la voix.
Douleur propre, flottante,pareille au cœur en cage.
Douleur de chambre décharnée, silencieuse.

La même qu’il y aurait peut-être à vivre l’éternité, de l’autre côté d’un miroir, le sans issue de sa propre tête...

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