Journal poétique / www.jouyanna.ch

thérapie de...

dimanche 31 mai 2015, par Anna Jouy

Je me souviens m’être révoltée - oh ! doucement gentiment- un jour, après avoir reçu pour la xième fois de la part de deux "amis" écrivants, des conseils pour mon évolution personnelle et traiter mon mal de vivre. Mon agacement face à ces propos de medecin-wo-men m’avait valu de les voir aussitôt disparaitre de ma boîte mail, furieux d’avoir été remis à une plus juste place.

Mais toujours, cette invitation récurrente à me guérir de moi. Ce goupillon d’exorcisme, ces incitations thérapeutiques à trouver la paix, à évoluer vers le salut. Mais lequel ? Infantiliser mon dire, le rendre fiévreux, malade… Mon écriture n’est donc que l’expression émergeante d’un cancer de la langue… ?

Ce besoin qui les anime de me sauver, de me soulager, de me voir lisse sourire. On –eux ou elles- veut traiter mon corps, mon âme. On me trace des voiX, des chemins praticables. On ouvre pour moi des fenêtres, des open space. Incitations à des cures, propositions de lectures, de séminaires, de récollections zen. Les femmes(poètes)anonymes, là où je pourrais sans doute dévider le fil de mon mal-être et en ressortir recousue net, repassée sur toutes les boutures.

Cette amusante mise en chambre où on passe me lire avec son petit bouquet d’oranges. Certains prétendent m’arracher à la névrose. Ils ont des solutions potions, tout un vocabulaire de suppositoires et d’excipients. Certains autres pensent qu’ils ont le bon outil,-charnel-, le seul l’unique le grandiose qui va m’amener à la résurrection… et puis ça compassionne à qui mieux mieux.

Je n’écris pas n’est-ce pas, je suppure … ? Tout cela me fait sourire et je me dis que je suis loin encore de pouvoir espérer qu’on donne à mon écriture une nature littéraire...

Je lis des poètes hommes. (Cliquer sur suppure) Leurs textes parlent aussi parfois de cette souffrance qu’il y a à être simplement un vivant conscient autant du beau que du laid, autant du merveilleux que du mal. Qui ira leur expliquer qu’ils sont des malades...?
Et je suis moi aussi de ceux qui y pensent, qui l’expriment cet état humain vivant.

« Ne cherchez pas la maladie derrière les mots mais le poète »
Jacques Besse

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