Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 436

dimanche 2 août 2015, par Anna Jouy

Cette question de l’identité, le brouillard que c’est, cette manière qu’elle a d’estomper mes bases, de les rendre pas moins solides mais moins réelles.
Bien sûr, mon existence n’a rien de leurs vies, Eux y ont mis, y mettent encore, tous les mots, des gardiens, des polisseurs et leur chemin est clair et tracé, dans le sens physique du trait. Ils ne cessent d’y croire et d’être aussi leur propre miroir. Eux, faisant face à leurs écritures, leur parole. Jamais ils n’ont tenu ou ne tiennent ces discours parallèles, ceux que je pratique, comme pour éviter d’être ce que je crois pourtant être. Ils ne produisent aucun pas qui défait, ils ne jouent pas de rôle. Quand ils écrivent, cela sort d’eux, comme le fruit naturel de leur arbre. J’essaierai encore et encore de faire ce que je dois tout en grimaçant d‘indécision et de répulsion (oh, moi je fais ça mais je ne prétends à rien...) Sentir vraiment l’effroi d’une vie plus duale encore que schizophrène, se sentir abriter l’autre et ne jamais savoir lequel en soi est le juste et lequel est le tyran. Vivre un monde où il n’est permis, ni en fait ni en catimini, d’être de son existence. Certains se disent, écrire, cela suffit. Mais toute pensée est faite de chair, de muqueuses, d’humeurs charnelles... Sans être authentifié comment vivre sans déchirures. Je perfectionne tous les jours l’art du théâtre, ce grand jeu du double et du flou. Le brouillard que c’est d’écrire ...

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