Journal poétique / www.jouyanna.ch

reprise

mercredi 5 août 2015, par Anna Jouy

Reprendre une à une mes plumes et choisir, sentir le geste et lui voir l’épaississement ou l’allègement nécessaires des liquides. Elle écrit mais rechigne aux devoirs de l’encre.
Nous fûmes des cercles fluides, anneaux d’émotion, tout autour. The ring, épousailles de mots qu’on scella entre. Acier de mailles, le lien entre nous, table ronde.
Personne ne remonte des brumes du requiem et j’entends les chœurs de l’opaque. Personne à l’archet , aux espadrilles de la lumière. L’aube est muette, des ouates de la bouche. Endormie, je résonne entre les couches, aux battements du poumon prisonnier qui tente.
Je jette la corde où se pend le seau de la pluie. Je le jette, il tape aux moellons. Du bruit. Le bruit, seul lui, pour répondre et rien dans ses poches, aucun billet de courses, aucun message.
Et se réunissent autour des pieux, des menhirs, les êtres de la boucle, le ciment de nos corps enduits de semence, le ciel sur la tête, panier d’os et de tambours.
Il faut médire, clament-elles et elles crachent dans le miroir leurs faces de mépris. Je leur coupe les ongles au ras du sourire. Elles griffent dans les étoupes esclaves. Ce ne sont pas des blessures mais des chemins de cirons où se pondent les nymphes d’un autre monde...

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