Journal poétique / www.jouyanna.ch

poème

mercredi 12 août 2015, par Anna Jouy

alors nous l’avons bien prononcée
nous l’avons dépliée de nos lèvres
martelée, étain qui brille
nous l’avons dite et elle s’est dressée
lente multiple
comme un souffle feuillette les secondes et ventile le grand livre
glisse et s’abat le portrait
de mort la dite

alors nous l’avons bien reconnue
comme un enfant
dont on a cherché chaque pièce pour recouvrer son visage
chaque pièce sauf pupille
noire absence
et de cela nous nous sentons coupables
car pupille est enfant et il ne reste alors que l’orpheline image
de mort l’esquisse

nous l’avons dénombrée
aussi
parce que le temps ne se passe d’aucun chiffre
boulier primal
sans faille arithmétique
où s’arrêterait le décompte
la mort est un cancre impatient
qui se joue des hasards par paresse et soupir
mort soldée
jusqu’à cette effraction
où tout s’achève et se recrée

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