Journal poétique / www.jouyanna.ch

L’écriture sur la page est si perturbée,...

jeudi 13 août 2015, par Anna Jouy

L’écriture sur la page est si perturbée, véritable miroir de l’être qui se laisse voguer de plumes en plumes, de feuilles en feuilles, ni plus ni moins qu’herbes et vent. Je règne sur l’instable comme un matador nu, banderille Caran d’Ache à la main. La terrasse autour de moi bruisse, magma indistinct. Mon silence au milieu fait fracas. Qu’on me coupe les oreilles ! Qu’on remette au sauvage, à la brute noire les trophées de l’encre. Ici la poussière inutile des mots, qui monte en nuage et rend la parole impossible, noyée et dissoute dans la mêlée. Sur le cahier, ces mouvements de muleta n’apprivoisent rien de mieux que le boucan de l’arène. Je n’entends là que ces couleurs brassées confuses, donc aucune lumière.


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