Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 443

lundi 24 août 2015, par Anna Jouy

Je quitte la maison de vacance, la porte fait un bruit de feutrine, étouffant le meurtre des lumières. Une porte vous change la vie, c’est l’étrange pouvoir des seuils. J’en ai tué d’autres.
Travail de longue haleine que l’été : écrire en phase bipolaire. Nuits pleines et ces pleins de soleil… Page après page.
Le blog m’attend avec son petit sécateur à journée. Il va trancher net dans la voix, rondelles, l’action de roue à aube. J’ai tenté l’écriture de longue haleine. L’histoire, le roman derviche sans fin. J’ai écrit des nouvelles, danses brèves, rondes chorégraphes. J’ai poèmé , des gestes à corps et à cris, à peine performance et parfois lente mélopée… sans cesse, hachée d’incantations.
Le blog est-ce l’invention de la page en littérature ? Ni poème, ni roman, ni nouvelle…Juste une page compacte, suffisante. 800 signes peut-être. Tout dire, tout mettre en forme en une seule page. Entre le spontané et le léché, la page, qui contient, qui retient, qui explose. La page qui n’a aucune existence ailleurs, que lige d’un livre, que soumise au discours, pièce d’un événement composite. Ici soudain la page est un espace suffisant autonome, consécration d’une place, dans la ville littéraire. Et si elle est ainsi, c’est que le temps veut ça. Des mots rapides, des histoires percutantes, des langueurs sans éternité. La page, qui marque régulière, qui tombe régulière, une entité temporelle, une entité textuelle.
Je quitte la maison de vacance. Rendez-vous sur la p(l)age...


www.geo.fr1200 × 900
Plage à Moorea, en Polynésie

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