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journal de l’aube 456

lundi 14 septembre 2015, par Anna Jouy

Suite à un précédent article sur la condition des femmes, j’ai vu fleurir ici et là des réflexions dont l’une consistait à dire que je faisais du sexisme en singularisant homme et femme, car nous sommes pareils. Je veux réagir
Entre les hommes vivant sur cette délicieuse planète, les différences sont quasiment nulles que vous soyez noirs jaunes ou bleus. La notion de race n’a aucune base scientifique, chimique, biologique ou génétique. Celui –ci est noir comme mon voisin n’a pas mon nez, mes cheveux ou mon ventre. Il a même été prouvé que si vous transplantiez une famille papoue en Finlande du Nord, même si elle ne se croisait avec aucun blanc finnois le temps de sa vie là-bas, serait blanche en quelques générations. La notion de race est une création de l’esprit.
Pourtant, il ne vient à l’idée de personne de nier que le racisme existe, fait souffrir et violente. Parce que cette différence est une réalité sociale. Personne ne viendra accuser celui qui dénonce le racisme, d’être un sectaire, un intolérant, un fanatique, un raciste lui-même. Du simple usage de ce mot. Personne n’osera pointer du doigt son article en le prétendant raciste car il dénonce les différences établies, avérées, réelles que la société fait entre les races.
Le sexisme qu’on veut bien relever dans mon article dénonciateur, cette façon de prétendre que je suis sexiste par le fait d’employer le mot lui-même, de dire homme et de dire femme, de dire différences, de dire deux poids , deux mesures, de dire deux statuts, relève de cet ordre. Attention à ne pas être sexiste en dénonçant le sexisme car nous sommes « semblables ». Un très grave problème de société est transplanté vers un débat d’idées. Et tandis qu’est ainsi entretenue une forme de négation de la réalité par ce déport dans un monde idéalement défini de mots mais sans la moindre intrication dans le quotidien, on maintient l’inégalité et on laisse les choses se faire. Je voudrais mettre en garde les femmes- et les hommes- qui pensant -avec raison- qu’homme et femme sont pareils, se laissent embrigader dans de semblables débats. Il n’y a pas race mais le racisme est une plaie béante. Il n’y a qu’un humain mais les femmes le sont toujours un peu moins.

les mots sont d’une grande aide pour entretenir la perversion. et je me demande à qui profite cette idée de sexisme...


Dommage - Olympe et le plafond de verre
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Messages

  • ben si nous sommes différents
    il est rare qu’une femme se laisse guider par cet appendice
    et l’orgueil correspondant
    (sourire)

  • c’est à dire par l’idée qu’elle est non seulement différente mais supérieure

  • différente, supérieure.. ?je ne sais pas
    une seule chose me parait évidente : elle fait peur !

  • racisme et sexisme sont des outils pour une époque qui dérape depuis 5-6 ans en testant de vieilles idées terrifiantes

  • Et c’est bien connu de faire le constat trivial que le mot "homme" désigne à la fois (on rajoute alors une majuscule) le genre tout entier d’une espèce animale et opportunément le sexe mâle de ce même genre. Cette forme d’emprise linguistique par la similitude formelle du mot désignant culture et biologie est au coeur et symptomatique de bien des différents concrets. On propose "une femme est un Homme, un homme est un Homme" ... Mais un homme et une femme ! La femme désigne toujours la femelle chez l’Homme et souvent de l’homme. L’autre proposition est presque tautologique : L’homme est le mâle chez l’Homme, de la femme qui est la femelle de l’Homme. Ainsi une femme est dans tous les cas un humain désigné, existant et positionné dans le monde par son sexe, sa biologie. Cette induction première par le mot qualifiant l’autre essentiellement, est pourtant lourde de sens. Des qualités y sont rattachées et induites au plus prés, on voudrait nous laisser à penser depuis que l’on pense que l’homme est à la culture là où la femme est essentiellement à la biologie que l’on ne s’y prendrait pas autrement avec les mots.

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