Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 457

mardi 15 septembre 2015, par Anna Jouy

Les mots. S’ils nous appartenaient, ce serait plus simple. Mais je les crois semblables atomes de l’air, des particules, qui se conglomèrent ou non selon la force du vent ou de son souffle. Le temps qu’il fait sur le monde n’est pas propice, tout retient son souffle. De quel côté allons-nous basculer ? Cet équilibre instable, de jeu sur les pointes, de balancement. Le temps assèche les voix à la gorge même de la crainte, de l’effroi parfois. Le rêve que nous faisons se réclame du silence, nous sommes nus dans nos plus basses besognes. Est-ce pour cela qu’ils fuient les mots, qu’ils pétrifient ? Est-ce pour cela que je cherche l’éparpillement des atomes, pour éclaircir le tas, pour dénouer, pour désenfler… ? Est-ce pour cela qu’il m’importe plus encore d’inverser les lois de cette saloperie lourde terre pour tomber dans l’air, tomber dans la raréfaction et me contenter de ces endroits que rien ne percute ni ne répercute
J’ai l’esprit chargé, je ne veux rien retenir, mes pensées ont mis leurs cerfs-volants. Quotidiennement ma grand-mère jetait en l’air du grain et je suis sa petite. Le clairsemis, ces volées d’alphabet, les lettres, leurs nudités, ce que je vis. Même le nom de mes amis, le nom d’hier, du plus cher amour s’effarouchent ; je ne sais bientôt plus que le silence jusqu’à cesser de bouger les lèvres, de marcher : je finirai attente comme d’autres finissent voyous.
Il suffit parfois d’un mot un seul pour changer la vie. Pathétique c’est le mien, il court toujours


Attente interminable...
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