Journal poétique / www.jouyanna.ch

nous, les essaims

dimanche 11 octobre 2015, par Anna Jouy

Les oiseaux se rassemblent comme de l’écume sur le soleil. Il va geler. Sur le sol du grenier, la nuée morte des insectes
Et nous,
ce poumon rouge, cœur de paon où dormir. La fleur du milieu, le corps ouvert.

Les bras claquent, désarticulés d’amour.
Le moindre vent nous dissipe et nous ramasse.

On dit rien à foutre, qui godille. Des essaims en mouches-dentelles sortis du tronc, on agite le bourdonnement. On abrite un clocher au centre de son front et le miel noir de nos songes.

Dehors, le vent passe, nous disperse, puis nous ramasse.

On met son cœur sur accus. Remplir de fruits, de baies sauvages, de tavelures le secteur sombre de la chambre. On videra son chargeur, après, pour percer la lumière et traverser les murs.

Déjà la débattue fracasse. Déjà encore again.
Dehors le vent nous chasse et nous ramasse.

Et l’œil riveté à des serrures muettes, on s’écroule, œufs secs, granules sans avenir, le dernier vol de l’élytre, grillé à la lampe.
Au moindre froid, les essaims tombent et nous avec.


La vie palpitante d’antoine p. : Les greniers, dimanche et jours fériés
antoine-p.blogspot.com

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