Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 481

lundi 2 novembre 2015, par Anna Jouy

Et nous entrâmes en confidences. C’est-à-dire dans la lenteur des choses. Les paroles prenaient des allures floues, il y avait entre elles des temps morts, des grands sous-bois de temps perdu. Il y avait ces manières qu’ont les esprits de chercher la pluie , en frappant le sol comme si de secouer les draps de la terre, allait ébranler les nuages. Cette insistance des gens du totem.
Nous parlions de nous avec des précautions de sables mouvants, nous enfoncer pourtant dans nos boues nous paraissait délectables. C’était la soue des bêtes et nous étions galeux, masqués. Et ce propre des aveux que de se révéler à soi-même. Nous mettions dans nos phrases le lest de l’âme, ce qui nous paraissait tout autant nous garder des délires qu’alléger d’un zeste d’air pur le cloaque de nos pensées. Nous nous aimions alors, nous avions sécrété la matière humaine, une poésie infinie et parfaite.

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