Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 487

lundi 9 novembre 2015, par Anna Jouy

Cette heure est la plus grave et la plus légère. Grave de ce silence, le monde est à la cave. Légère de ce silence, j’arpente le toit.
C’est l’heure de se nourrir des mannes du rêve, des germes laissés par les enfants des mésanges. Je lève la nasse qui filtre le temps. Chaque matin a son propre sable fruitier. Il faut aussitôt le porter à sa langue, c’est la pâte d’une vie toute entière qui fond. Si vite. Savourer l’éphémère recel du sommeil. La lie porte des bijoux, des rubis et des algues, elle craque. Quand on y songe, on est riche un instant, on va pouvoir le dire. Je suis là, à paitre mes images.
Cette heure est la plus longue et la plus éphémère. Longue de l’attente dans la gare de nuit. Éphémère quand passe le train du Nord ne laissant dans mon bol qu’une litière d’étincelles. Je me tiens au bord des voix. J’espère un éclat au sabot de l’aube.
Écrémer sa propre lueur avant qu’elle ne s’effarouche.

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