Journal poétique / www.jouyanna.ch

travailler sa nuit

dimanche 15 novembre 2015, par Anna Jouy

Dès l’éveil, cliver la nuit dans le sens naturel des lamelles de son rêve. Depuis le premier cil, le lignage du songe se détache et chute. Un peu de soi dans les poubelles du temps.
Mettre la main à la soucoupe. Retenir une limaille élusive.
Renverser ensuite la petite assiette du sacré, les rosseries de l’obscur sur la table. Comment le sable du coin de l’œil peut-il avoir encore des choses à dire ? J’embraye le tamis ordinaire, j’aimerais une pépite malgré mes doigts de croquemitaine. Secouer secouer secouer. Potomaniaque d’un éclat de lumière. J’ai soif de récits.
Je tape fébrile encore le digicode interne, je ne rentre pas toujours chez moi. Il y a des jours où la nuit me jette dehors et m’exclut du ménage.
Pourtant revenir à l’établi, malaxer les obscurs et extraire la lumière


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bijouxalacheville.forumactif.org

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