Journal poétique / www.jouyanna.ch

alchimie et cantique

samedi 5 décembre 2015, par Anna Jouy

Concentrer la chaleur du mot, son point d’incandescence. Un truc que je crois au milieu mais que sais-je ? La vibration qu’il a, le son qu’il répand, l’évasion, l’échappée et ensuite, plus loin, si loin qu’on ne sait plus ce qu’il a été, d’où il est venu et quelle image il constituait. Était-ce une maison, un ciel ou une orange ? Il s’est tant et tant dilué dans l’atmosphère, débutant un voyage interminable, cherchant son écho, sa base quantique peut-être.
Est-ce que la poésie est une voix qui frappe à la membrane de mon corps, issue de quelque autre organe, céleste, ailleurs, étrange, et que je restitue sans savoir ? D’une connaissance à ma méconnaissance. Qui m’agite et me manipule dans le cosmos ? Des questions qui font sourire, qui me font chercher du sens, de l’intelligence à cet état si proche de l’absurde et si indispensable pourtant.
Concentrer la chaleur de l’écrit. Le tenir enfermé pour que ce petit point de fièvre qui me hante et me pince ne puisse s’enfuir et me rejeter à la froidure, à l’hiver du mot, à la parole gelée des pierres. Concentrer l’attention, le focus essentiel ; à la loupe mettre le feu exactement au cœur de chacun de ces vocables affolants, ce système, le seul que je puisse saisir et entendre, -les chiffres m’étant trop mystérieux-.
Tout le monde, le monde entier comme on dit le nombre entier d’ADN de vie. Concentrer tout cela et rester moi-même assidue groupée, déshydratée de l’évasion, à regarder vivre la solution de l’encre.


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