Journal poétique / www.jouyanna.ch

journal de l’aube 510

jeudi 31 décembre 2015, par Anna Jouy

J’ouvre l’œil et c’est sur moi que tombe la lumière, massue étroite. Je sors des écuries de la nuit, les chevaux rasés, étrillés. Tous les rêves pur-sang dans la pénombre. J’ouvre l’œil et je rentre de chez moi, je franchis la porte, me déchausse, mors lâché. Ici sous la lampe grotesque du jour, je suis une amputée. Ma doublure fait bonne figure. Je respire, je tâte, je parle, même à moi-même. J’essaie de maintenir la flamme mince du réverbère, je lui cause, l’encourage. Il rendra l’âme tantôt emportant avec lui ce qu’écrivent les choses. Il faudra me tenir à l’épreuve du mirage. On me traversera sans même se rendre compte des séismes que je subis. Dérangée de quoi, secouée invisible. Je ferai la gueule, le corps, le monde même pour un peu de silence. Ma tête allumée, gyrophare spasmodique, je pense j’oublie je pense j’oublie…

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