Journal poétique / www.jouyanna.ch

alors ce temps ressemble à un cours de...

samedi 6 février 2016, par Anna Jouy

alors ce temps ressemble à une leçon de tambour.
j’ai les genoux à l’établi du son. il faudrait pourvoir, au cœur, au battu, au frappé. mon sang tire à la peau. il sèche et le cuir du malheur fait bondir même la lumière d’un sursaut.

alors ce temps racle à la corde, il étrille, lustrine de métaux. l’air répond de limailles et de mâchefer, une cithare d’acides entre les doigts.

alors la voix cherche entre ses déglutitions, l’épais de la bouche et la saumure d’un vieux cigare, ce chant qui devait célébrer, comme suppurent souvent les marnes alcooliques.
ce chant qu’on danse les bras en l’air et les pouces à la castagne, en rond, ployant souvent les genoux pour provoquer le ciel qui croit nous foutre à terre et nous voit au rebond.

alors se la jouer indemne et redire.

plus les poètes cuvent les tanins de leur langue, plus s’unissent d’une même liqueur les saveurs de tous les chants

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