Journal poétique / www.jouyanna.ch

corneilles

dimanche 7 février 2016, par Anna Jouy

Dans l’argile crue de février coulent les mots. Flaques d’amis sur le tour du ciel. Je plante mes mains dedans, je grave à l’ongle le chant des vis et des toupies. Le temps m’arrache, il suspend mes lambeaux. Je n’ai pas le choix, monter monter le cou vers le signe, pointer les orbes vers les tulipes lunaires. Amour, tu fais de moi le vase d’une seule fleur. L’épingle perforant la paille des feux de l’aube. Je grimpe ma terre, mon eau de terreur ; ce que le temps affûte tient à un doigt de folie. Je profile ainsi des aiguilles comme des cathédrales évoquent les mines à ciel ouvert, griffonnant les buvards du voyage.
L’argile nue du chemin ruisselle. Il n’y a bientôt plus que des corneilles pour tirer parti du jus de la terre. Elles marchent en sautant, de mépris et d’ironie. Saccagent la patience de l’encre. Le chant crie désormais dans la cisaille de leurs becs.


Corneille noire par Jean-Michel Fenerole : jefe49061
www.oiseaux.net

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