Journal poétique / www.jouyanna.ch

somnolence

mercredi 2 mars 2016, par Anna Jouy

Étonnement d’être de ce corps, De ne pas en être tout pareil. État second. Dans la doublure en moellons en briques. Sous-couche isolante. Une épaisseur indolore entre moi et l’autre. Celle de l’extérieur. Étoffe de la ronceraie étoffe tissée depuis le cocon du sommeil. Tout est somnolence une idée hantée de la vie. Intouchable. Ou alors est-ce le moment de secouer la question ? N’est-ce que cette question de la folie qui me vêt cette simple question qui veut qui croit qui invente un monde plus doux. Mieux. Autre que ce qui est autour du puits-je. Alors je dors je ferme l’œil j’attends longtemps toujours et encore même j’attends que quelque chose se déchire que la forêt tombe les ronces s’écartent et le monde endormi ouvre l’œil. La somnolence. La semi- conscience pas l’inconscience mais bien cette moitié de science inconsistante cette moitié de science à peine semée sans germes. Que la graine éventuelle de la science. Toujours déjà le passé somnambule et le présent qui est derrière le verre le mur là où je ne risque pas l’effroi d’exister entière nue mortelle. En état d’une transe insensible, tétant des dards tsé-tsé pour entretenir l’hébétude.


extrait du Livre de l’impossible aimer

La statue du passe-muraille
Photo CC Attribution-NonCommercial-ShareAlike 2.0 Generic
de © straightfromthecask
Sculpture au visage de Marcel Aymé, par Jean Marais,
située Place Marcel Aymé, à Montmartre (Paris,

< >

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.