Journal poétique / www.jouyanna.ch

chambre avec vue

dimanche 27 mars 2016, par Anna Jouy

Mais bien sûr le soleil rejoint la terre, ce long baiser des lèvres pincées de l’horizon, les lèvres serrées, qu’il cherche à pénétrer, mordues sur le silence qui tombe là-bas dans l’urne falaise. Le flux de sang soudain sur les mouchoirs de quelque nuage. Sang ou rouge baiser, je ne sais.
Attendre que le jaune de la cire épaisse de l’aube survienne, qu’il durcisse la peau du ciel. La mort laisse toujours une empreinte impénétrable, l’asphyxie de ce trop de lumière qui monte dans les buvards, comme une vieille humeur qui vire à l’oxygène.
Maintenant la nuit est bien finie. Le monde rude est là. Malgré la beauté ou alors à cause d’elle, je ferme la porte. Il faut choisir. Offrir à l’air mes propres espaces ou alors me laisser tomber moi aussi à la fente. Fermer les yeux et glisser dans l’arrière- chambre de la vie. Plus les choses sont belles plus il faudrait s’en tenir loin, s’en abstraire et garder ainsi sur elles un œil et la bouche, son baiser, qui est une façon de mordre la terre, ce qui vous illumine et vous élève.

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