Journal poétique / www.jouyanna.ch

patience d’anges

dimanche 27 mars 2016, par Anna Jouy

S’inaugurer, dit-elle. Une invitation, sur du carton, un mot balbutiant autant d’avenirs et de divinations que de petits fours où l’on va se planter face au monde médusé sidéral. S’inaugurer. Ses propos, ses intimes paroles. Son savoir, sa science, sa leçon, qu’on va balancer un instant devant un parterre de bouches béantes. Le monde attend que l’on s’inaugure. Qu’on fasse rentrer sa légende avec une gaveuse à oie au centre de sa propre espérance. On y croit, on tente le coup. Il y a du bluff dans l’air. Du bluff et de l’arrogance triste. On sait qu’on n’ira pas plus loin, c’est pour cela qu’elle est triste et perdue l’arrogance et c’est pour cela qu’elle est encore plus elle-même, épouvantablement hautaine et seule.
Sur ses épaules, comme un pesant nabot, la malédiction fait des anges avec des aiguilles à tricoter. Naitre n’est pas à l’heure du jour mais peut-être s’inaugurer...? N’est-ce pas vrai que dans les secret des salles, on a monté le miracle et que par devers les paravents des avortements de vies neuves, quelque chose malgré tout reconstruit Frankenstein à partir des défaites ? De morceaux de toutes ces vies, une autre attend, sous des vitrines, quelques mots, un poème, ou les quelques lignes à sauver d’un roman.


ange /g. lalonde canada

< >

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.