Journal poétique / www.jouyanna.ch

immobile.

samedi 2 avril 2016, par Anna Jouy

il n’y a rien. aucune mer n’est passée raflant les deux bords de la fenêtre.
pas de lin bleu, ni d’algues sur la table. on a rasé le même glabre. l’étendue du brouillard, acier poli.

je ne ressens rien, dure comme le galet je pense. celui de la chair, celui de la paume, celui qui ennoblit ma tête d’une dignité fosse.

il ne se passe rien comme rien ne passe.
la vitre reste lettre morte. on a coupé la langue des vers. et dans le silence de cette image, on aspire le lisier parfait de la transparence.

il ne se passe rien. l’arbre ne bouge pas, la vue ne se trouble, le mur d’un air cimenté.
sous des cellophanes, on emballe le temps aseptique. il ne tremble pas. il demeure.

et soi-même, comme une vieille salaison, on est à la ficelle, une lourdeur immuable.
il n’y a rien. le jour tire la chaise. on tombe lentement, une chute sans heurts, sans vagues, sans oiseau.

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