Journal poétique / www.jouyanna.ch

disjoindre

samedi 16 avril 2016, par Anna Jouy

Nous ne sommes plus personne. À force. Nous ne sommes que plots et pièces, du démantèlement. Ce ne sont que des parcelles, des particules. Des éléments. Personne. Que des situations, des bouts tabous, des espaces, à peine, se frôlant, à peine, collés ensemble. Des choses qui s’amassent. Je suis mon frigo, mon parquet, mes Convers et ce livre de Saint-Ex qui trahit. Le désert plein. Ces trucs, ces choses qui ont paru un jour être unies et qui se révèlent distantes, disjointes. Je ne sais plus si mon foie est une part d’aspirateur ou un pochoir de terre battue. Et ma tête, ce nid de corneille au-dessus de la porte.
Je ne sais même plus si le ciel m’appartient, est un peu de moi ou si ce n’est qu’une part d’emballement, un contenant pour tout cet amoncellement.
Je suis une construction, un jeu. Un agglomérat de monômes. On me compose ; je me décompose. Je cherche à dissoudre le silicone qui me garde apparences
La figure est un verre cuit entre des plombages. Un vitrail qui fait croire à l’épaisseur d’un peu de lumière. Je ne trouve plus quel écartement est le bon:celui qui désunit mes parts, celui qu’il faudrait encore accentuer et disloquer ? Ou alors cette ligne de colle qu’il faudrait tirer et tendre entre tous les morceaux ?
Finir dure, raide, parfaite image ou alors accepter la mouvance, jusqu’à l’écroulement de mes propres balivernes


Soulages, Matisse, Benzaken, formes et couleurs du vitrail ...
culturebox.francetvinfo.r

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