Journal poétique / www.jouyanna.ch

certains soirs

mercredi 20 avril 2016, par Anna Jouy

Il ne faudrait croire des jours que les propos violents des ondes du boomerang, que le coup sur la nuque, que le plat de la main qui redresse l’écho, que le filet qui nous revient bredouille d’avoir traîné sous des jupes sans ciels.

Il ne faudrait voir des jours que leurs teints moricauds, que l’instant où confus ils fraudent avec la nuit, que ces mauvaises façons qu’on appelle manières, que l’orée de la bouche décervelant le fiel.

Il ne faudrait retenir des jours que les sons du ressort qui vomit son acier, que la façon morveuse qu’ils ont de la débine, du temps passé à remonter des putchs, les discours des « bruitiers », arbre à fruits de la méconnaissance.

Il ne faudrait des jours que puiser le rébus, que passer l’étamine des grasses matinées, que fixer aux points de scotch les trous de nos figures.

Il ne faudrait des jours, que récolte de poux, de lèpres malsaines qui gratteraient beaucoup, que cornets de vermine sur les pèse-personnes, que le chenit* de l’ombre dans un angle bien obtus.

Il ne faudrait des jours que des choses à jeter au ruclon* des fenêtres, que la fin du repas, que la subtile écume.

Il ne faudrait des jours qu’en vivre l’heure défunte.

ruclon : dépotoir helvète
chenit : le contenu d’une ramassoire

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